Décibels & Pixels

Samedi 18 juin –

Cette deuxième journée fut la plus chaude du festival, la température y oscillant entre 37 et 41°C : un record ! Il n’est donc guère étonnant de constater que les festivaliers se soient rués sur les points d’eau, au demeurant fort nombreux et bien répartis sur l’ensemble du site. Pour l’occasion, les organisateurs ont même autorisé l’entrée le public a entrer avec une bouteille ou une gourde d’eau (pas d’alcool, bien entendu).

M’étant couché tôt dans la matinée, j’entame tardivement ma journée par un petit séjour devant l’Altar afin d’y voir les amis de Loudblast. Comme toujours, le concert fut excellent ! Une belle mise en bouche pour une journée qui s’annonce chargée. J’enchaîne avec le set de Kampfar donné sur la Temple qui nous irradie d’un show grandiose et puissant : les norvégiens sont en forme ! Après un premier passage à l’espace VIP pour y retrouver quelques confrères tout en me désaltérant, je me rends à l’Altar pour y suivre Taake, autre entité du black metal norvégien. Faisant fi de toutes les polémiques qui agitent le groupe et notamment son chanteur Hoest, qui arbore désormais sans complaisance une allure digne du comte Orlock joué brillamment par Max Schreck dans Nosferatu, film iconique de Friedrich Wilhelm Murnau sorti en 1922. Un vrai régal pour les yeux et les oreilles : une double réussite !

Après une courte pause repas arrosée d’une bonne pinte de bière, je reprends le chemin des pits photo qui me conduit devant Temple lors du concert d’Ensiferum , superbe, donné sous une ambiance électrique, en présence de nuées de slammeurs possédés par la musique. Ensuite, direction l’Altar où s’y produit Sepultura. Les brésiliens, portés par le chanteur Derrick Green, sont en grande, très grande forme ! Le public ne s’y trompe pas et la scène est pleine à craquer. Un superbe moment que je ne suis pas prêt d’oublier. Mes déambulations photographiques me conduisent ensuite face à Temple. J’y retrouve Skàld dans un nouveau line-up, sa chanteuse Justine Galmiche, souffrante, étant alors remplacée pour l’occasion par Chaos Heidi qui, n’en déplaise éventuellement aux fans de la première heure, nous offrit une excellente prestation qui, pour ma part, me toucha nettement plus que celles de la chanteuse originale.

Alors que la fatigue commence sérieusement à s’accumuler, je termine ma journée par le set d’Agressor qui, à ce jour, reste l’un de mes plus beaux moments vécus au Hellfest, toutes éditions confondues. Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, je me dois de donner quelques explications. Tout commença au festival Anthems Of Steel qui se déroula en mai dernier et où s’y produisit Agressor et que j’eus le plaisir de photographier. Il s’en suivit une publication sur les réseaux sociaux de quelques images qui m’amenèrent à entrer en contact avec Alex Colin-Tocquaine, chanteur et guitariste du groupe. Apprenant que j’allais couvrir le Hellfest, il me proposa de monter sur scène à la fin de leur set pour la photographie finale, devant le public : une telle offre dans un événement de cette ampleur est rarissime et ne se refuse pas ! Autorisation provisoire spéciale en poche, ou plutôt autour du poignet (une accréditation photo ouvre l’accès au pit photo, mais monter sur la scène reste interdit sans dérogation accordée ponctuellement par l’organisation sur demande des artistes) j’ai donc eu accès à l’envers du décor, au milieu des techniciens tous plus accueillants les uns que les autres. Quelques images plus tard, je croise alors les musiciens quittant la scène, non sans les remercier pour leur confiance et pour leur concert dantesque.

Loudblast

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Dimanche 19 juin –

Cette dernière journée du Hellfest 1 commence sous couvert de températures nettement plus clémentes que celles de la veille. J’initie ma moisson d’images par le concert de Sortilège sur la Mainstage 2. Icône du heavy metal hexagonal durant les années 80, le groupe avait disparu quelques années plus tard avant de renaître de ces cendres en 2019, dans un climat de tension tel qu’il aboutit rapidement à une scission entre ses membres, engendrant la création en parallèle de deux Sortilège : situation ubuesque dont il ne reste désormais que la formation menée par le chanteur Zouille. Cette parenthèse historique close, le concert fut excellent, une bonne partie du public reprenant en chœur les refrains des titres déclamés sans faille les uns après les autres.

Je passe ensuite devant le Mainstage 1 lors du set de Lacuna Coil qui fut de belle facture, en particulier grâce à la prestation remarquée de la chanteuse Cristina Scabbia, l’une des deux voix du groupe avec Andrea Ferro, que j’ai toutefois trouvé moins présent sur scène. Du fait d’une programmation du jour particulièrement alléchante sur les deux scènes principales, je continue mes déambulations par un autre passage dans le pit de la Mainstage 2 pour y voir les finlandais de Battle Beast. Quel show ! Les musiciens, galvanisés par la charismatique chanteuse Noora Louhimo, assurent tout au long de leur prestation endiablée pour notre plus grand plaisir.

Un peu plus tard, je repasse dans le pit du Mainstage 2 lors du set de Doro que je tenais à couvrir. Quelle émotion, l’emblématique chanteuse surnommée « The Metal Queen » subjugue le public en lui communiquant son plaisir non feint d’être sur scène. Je suis touché par la sensibilité qui émane de cette grande dame de la scène metal et dont le show est l’un des plus émouvants de ceux que j’ai couverts cette année. Je poursuis ensuite mes pérégrinations devant la Mainstage 1 pour le set de Jinjer. Or, bien que je sois assez peu sensible au groove metalcore de cette formation ukrainienne chapeautée par la chanteuse Tatiana Schmayluk, je la couvre toujours avec grand plaisir, les musiciens se montrant toujours très dynamiques sur scène : un vrai régal pour un photographe de scène.

Je m’offre ensuite une pause au bar VIP avant de me rendre à Valley pour le set de Life Of Agony, à l’évidence joué devant un parterre de fans à en juger par les réactions observées. Le son est bon et les musiciens font honneur à leur public. J’ai apprécié ce moment passé dans le pit. Toujours sous les tentes mais cette fois-ci dans le pit de l’Altar, je couvre ensuite le concert de Devin Townsend, desservi par des éclairage de scène très moyens qui ne rendent pas hommage à la prestation pourtant bonne du groupe. Au final, le résultat est un peu décevant. Je continue sous l’Altar pour y suivre la prestation de Coroner qui sonne comme une vraie leçon de musique : tout, de la richesse des composition à la qualité du son, y est bon.

Les oreilles encore pleines de bon son, je me traîne jusqu’à la file d’accès au pit de la Mainstage 2 pour ne manquer sous aucun prétexte le passage de Running Wild, un groupe qui se fait trop rare en France. J’y arrive tellement en avance que je peux, sans prendre de photos, y suivre le concert de Gojira qui se révèle être pour moi une cruelle déception : aucune communication avec le public, musiciens inertes, comme empaillés. Un constat rude que ne parvient pas à contrecarrer la débauche d’effets et de jeux de lumière mis en avant, que je perçois comme une simple tentative visant à rattraper les choses. Bref, j’oublie vite ce triste moment une fois dans le pit où, avant le concert final, nous avons droit à un magnifique feu d’artifice annonçant la clôture du festival après le dernier set. Et quel beau set ! Running Wild, malgré un décor scénique trop minimaliste à mon goût, joue bien et y prend plaisir. Cela se voit !

Après cet ultime concert, je me glisse vers la sortie, le coeur heureux d’avoir une fois de plus eu la chance de vivre ces merveilleux instants en compagnie de dizaines de milliers d’autres personnes. Ces trois jours de fêtes, intenses, comme tout moment de bonheur, paraissent n’avoir duré qu’un instant. Fort heureusement, tout recommença la semaine suivante. La vie n’est-elle pas belle ?

Pascal Druel

Battle Beast

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