La dixième édition du festival On n’a plus 20 ans, orchestrée par Rage Tour, s’est tenue du 3 au 5 avril à l’espace René Cassin de Fontenay-le-Comte, en Vendée. Comme à l’accoutumée, cinq groupes se sont produits sur scène chaque soir.
Le public répondit présent pour cette dixième et dernière édition du festival On n’a plus 20 ans. Mais rassurez-vous, l’événement ne disparaît pas, il se transforme et changera de nom et de lieu en 2027. Il deviendra ainsi le Ragefest et se déroulera les 26 et 27 mars à Chemillé-en-Anjou. Mais revenons à nos moutons…
Vendredi 3 avril
Cette année, On n’a plus 20 ans s’ouvrit sur le set de Moscow Death Brigade que nous n’avons pas suivi, en raison de notre arrivée un peu tardive sur le site. Nous entamèrent donc les jeux via ce groupe incontournable de la scène punk-rock française que sont Les Wampas. Comme à l’accoutumée, le show déborda d’énergie, bien que son chanteur et leader Didier Wampas me sembla un peu moins en forme que lors de ses derniers concerts. Toutefois, l’ambiance fut bien au rendez-vous et le public s’égosilla à reprendre en cœur les titres les plus connus du groupe (Manu Chao, C’est l’amour, entre autres).
Le groupe punk-celtique The Rumjacks prit ensuite le relais sur la scène, poussant les festivaliers à bouger à l’unisson au son de leurs titres aux rythmiques endiablées et festives. L’ambiance changea ensuite radicalement via l’arrivée des Tambours du Bronx : bon gros son au rendez-vous, même si force est d’admettre que les voix des chanteurs, notamment celle de Renato Di Falco, pourtant fort belle, aurait mérité d’être un peu plus mise en avant. Rien de bien grave cependant, car le concert, rondement mené, combla les festivaliers alors pris d’une certaine frénésie tribale. L’ambiance est alors à son apogée quand les joyeux drilles de Shaârghot foulèrent à leur tour la scène, clôturant ainsi en apothéose cette belle première soirée de festival.
Samedi 4 avril
Ce deuxième jour débuta en douceur par le concert de Talco, dont le ska aux consonances punk, teinté d’une belle présence des cuivres, mit tout le monde de bonne humeur. L’ambiance était donc à la gaîté quand ils cédèrent la place à Marcel et son Orchestre qui transforma l’endroit en terrain de jeu grâce à son set plein d’humour et d’autodérision. Nous fûmes bien à une fête que rehaussèrent encore les troubadours du punk français qui forment le célèbre Ludwig Von 88, en nous livrant un concert fort efficace bien que guère original pour celui qui a déjà vu le groupe se produire sur scène.
L’allégresse retomba un peu lors du passage des 3 Fromages, dont j’apprécie assez peu l’univers musical, n’aimant guère la voix du chanteur ainsi que les compositions. La soirée se termina néanmoins de fort belle manière avec le concert des « patrons » du festival : Tagada Jones qui joua sous sa configuration « Orchestra » qui, à ce jour, demeure l’une de mes préférées. De plus, ce qui ne gâcha rien, bien au contraire, leur concert fut servi par de beaux éclairages.
Dimanche 5 avril
C’est avec une certaine appréhension que j’ai abordé ce dernier jour du festival, dédié essentiellement aux « tribute bands» qui, la plupart du temps, me laissent insensible. Or, ce fut aussi le jour d’une des plus belles découvertes musicales du festival, les bien nommés Ring Of Cash qui revisitent l’univers du chanteur américain Johnny Cash. Les musiciens, emmenés par leur dynamique et pétillante chanteuse Juliette, mirent tout le monde d’accord d’entrée de jeu ! A contrario, je restai de marbre devant le concert de Meteora, tribute band à Linkin Park, dont je n’ai apprécié ni le chant, ni la musique.
Il s’en suivit un gros changement d’ambiance et de registre avec l’arrivée du délirant Didier Super Metal, dont l’univers décalé, provocateur et sans filtre fit mouche. Il est clair que l’univers artistique de ce gai luron brille plus par ses propos qui n’épargnent personne que par sa musique, une attitude salutaire qui met du baume au cœur dans un univers sociétal qui, au nom du « politiquement correct », détruit à petit feu toute forme de second degré, n’en déplaise aux éternels « offensés ». Bref, cela fit le plus grand bien ! Une vraie bouffée d’oxygène.
La fête se poursuivit par le concert Hommage à Parabellum, qui réunit pour l’occasion une belle pléiade d’artiste provenant de groupes emblématiques de la scène (Tagada Jones, Black Bomb A, Opium du Peuple, entre autres) : un excellent moment de partage amical et musical. Early Maggots, tribute band à Slipknot que l’on ne présente plus, prit la suite : un set efficace, énergique, parfait pour clôturer cette ultime édition du festival On n’a plus 20 ans. Qu’importe ! Le roi est mort, vive le roi ! Souhaitons longue vie au futur Ragefest !
Pascal Druel
Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière, amoureux d’images et photographe au quotidien, j’explore depuis plus de 30 ans la photographie sous diverses formes (prise de vue, développement et tirage argentique, contrôle qualité, repique, traitement et retouche numérique, graphiste, prise de vue, formateur, photographe indépendant). En outre, je collabore occasionnellement avec Chasseur d’Images (magazine pour lequel j’ai été rédacteur pendant une douzaine d’années), signe des ouvrages (publiés aux Editions Eyrolles), réalise de multiples prestations photographiques (books, reportages, mariages) et couvre en images de nombreux festivals et concerts (150 à 200 scènes par an).