La dix-septième édition du Motocultor s’est déroulée à Carhaix, dans le Finistère, du 13 au 16 août. Fréquenté par environ 60 000 personnes, l’événement, durant lequel plus de 100 groupes se produisirent sur scène, honora une fois de plus sa position de deuxième festival « metal » de France. Chronique en images de la première des quatre journées de ce grand rassemblement de passionnés.
Je suis arrivé sur le site en début d’après-midi, sous un soleil de plomb, alors que le thermomètre affichait 37° C. Aucun doute, la canicule était bien présente, même dans ce beau département du Finistère, pourtant habituellement peu propice aux fortes chaleurs. Quoi qu’il en fut, fort de mon sacro-saint « pass photo », j’entamais cette première journée du Motocultor par le concert des américains d’Unearth, dont le metalcore constitua une belle mise en bouche : riffs tranchants, breaks puissants et rythmiques bien construites furent à l’honneur. Sans transition, j’enchaînai avec le set de 200 Stab Wounds. Ces natifs de Cleveland m’enchantèrent avec leur death metal old school teinté d’une certaine modernité, qui fait toute l’originalité de leur univers musical. Le chanteur et guitariste Steve Buhl et sa bande jouèrent leurs titres sans temps mort. Face à un tel débordement d’énergie, les circle pits se multiplièrent dans la poussière incommodante du site de Kerampuilh.
Je retournai ensuite dans le pit de la Dave Mustage (l’une des deux scènes principales du Motocultor parmi les quatre) afin d’y couvrir le passage de Wolfheart, dont j’apprécie le death metal mélodique aux consonances nordiques qui irradia la foule, soumise, comme les musiciens, à une forte chaleur ambiante. Je poursuivis ma moisson de death metal par le set de Sanguisugabogg, mené de main de maître par un Devin Swank en pleine forme. Mention spéciale à la batterie ultra lourde et omniprésente, au détriment de la guitare qui me parut un peu trop effacée. Toutefois, cela n’empêcha pas le public de se déchainer dans un flot de circle pits. Sans transition, je filai ensuite sous la tente de la Massey Ferguscène pour y découvrir Pilori, dont le show me laissa de marbre. Certes les français cherchent à mélanger les genres, du grindcore au punk en passant par le blackened hardcore, mais l’ensemble fut desservi par un chant trop hurleur et sans finesse. Petite déception donc…
L’après-midi touchait à sa fin quand je couvris le concert de Kittie, qui débuta avec une dizaine de minutes de retard. Mais une fois sur scène, les canadiennes déroulèrent leurs titres, guidées par Morgan Lander, dont le chant alterna avec une aisance déconcertante screams, growls, et voix claire. Intéressant même si le nu metal qui caractérise le groupe est très loin de recueillir mes faveurs. Je sortis ensuite du pit photo pour me ruer devant le set de Gaerea, chantre du post-black metal portugais, que j’ai trouvé assez décevant, sans doute du fait que je commence sérieusement à me lasser des groupes qui jouent masqués ou cagoulés, mais aussi à cause du chant de Guilherme Henriques qui me parut assez inégal. Une fois n’est pas coutume, j’apprécie donc plus les titres du groupe sur album qu’en « live ».
Je changeai ensuite radicalement d’ambiance via le concert de Godsmack. Les américains, forts de leurs trente ans de carrière, s’imposèrent de suite sur la Dave Mustage. Le quatuor, galvanisé par son leader, guitariste et chanteur Sully Ema, joua quelques uns de ses titres emblématiques, tels que Awake, Stand Alone ou Voodoo. Malgré sa formation fraichement renouvelée (Sam Koltun, guitariste soliste depuis 2025, et Mike Mangini, ex-batteur de Dream Theater qui intégra le groupe cette année), nous montra qu’il a su conservé tout son panache et son efficacité sur scène. Histoire de varier les plaisirs, je couvris ensuite le concert des californiens de Death Angel, dont j’aime toujours autant le thrash metal, nerveux, percutant, riche de riffs diablement efficaces. Ce fut assurément l’un de mes meilleurs concerts de la journée !
Sur conseil d’un ami, j’ai choisi de suivre le set de Primus, dont je ne connaissais que le nom, n’ayant encore jamais eu jusque là le loisir de les voir sur scène. Force est d’admettre que le rock-metal progressif des américains, sublimé par l’excellent bassiste Les Claypool, également chanteur, fut une excellente découverte, malgré des éclairages de scènes cauchemardesques ! Un fait d’autant plus plaisant que le groupe passe rarement en France, tout comme Oomph!, qui fut mon dernier set de la journée. Le metal industriel du trio allemand fédéra le public massivement agglutiné contre les crash-barrières. Pour ma part, j’y ai vu une clôture de première journée calme et agréable, avant de prendre un peu de repos pour couvrir la suite du festival.
Pascal Druel
Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière, amoureux d’images et photographe au quotidien, j’explore depuis plus de 30 ans la photographie sous diverses formes (prise de vue, développement et tirage argentique, contrôle qualité, repique, traitement et retouche numérique, graphiste, prise de vue, formateur, photographe indépendant). En outre, je collabore occasionnellement avec Chasseur d’Images (magazine pour lequel j’ai été rédacteur pendant une douzaine d’années), signe des ouvrages (publiés aux Editions Eyrolles), réalise de multiples prestations photographiques (books, reportages, mariages) et couvre en images de nombreux festivals et concerts (150 à 200 scènes par an).