Malgré une certaine fatigue accumulée lors des trois journées précédentes, j’abordai ce dimanche de clôture du Motocultor avec entrain, toujours heureux de couvrir un festival d’une telle ampleur. Ma motivation fut amplement récompensée…
Arrivé sur le site en début d’après-midi, j’ai consacré mes premières heures de présence à l’exploration des lieux, me consacrant à la prise de vue d’ambiance de manière plus approfondie que je ne l’avais fait les jours précédents. Mon premier concert de ce dimanche fut celui de Signs Of The Swarm, groupe de deathcore américain originaire de Pennsylvanie, mené par le vigoureux et hurleur David Simonich, qui fit la joie des slammeurs et autres agités : une belle mise en bouche qui annonçait la couleur pour le reste de la journée. J’enchainai avec Kim Dracula que je voyais pour la deuxième fois du mois, l’ayant suivi au Festival 666, avant que son concert ne soit écourté pour raison de sécurité (évacuation du site pour cause de tempête). Cette fois-ci, la « setlist » fut jouée dans son intégralité, et séduisit le public qui s’agitait gentiment. Pour ma part, je trouve les compositions de l’artiste très inégales, sans doute du fait qu’il se plait à mélanger les genres, passant du nu metal au rap, en passant par le synthwave et le metal.
Je changeai radicalement d’ambiance en passant dans le pit photo de la Supositor Stage où se produisait Witch Club Satan, trio norvégien, chantre du black metal féministe qui multiplia les changements de tenues durant le concert, évoquant une certaine atmosphère de sorcellerie païenne. Force est d’admettre que le show me toucha plus par son aspect graphique, toujours intéressant pour un photographe, que par son attrait musical, au demeurant assez faible. Je n’ai toutefois pas boudé mon plaisir et je les reverrai avec plaisir, ayant vécu l’instant avec une certaine dérision ludique. Je ne me suis cependant pas attardé dans le pit, afin de couvrir Voivod qui jouait au même créneau horaire sur la Massey Ferguscène. Les québecois, forts de leur quatre décennies d’existence, nous firent une démonstration de la richesse de leur thrash metal, qui, selon les titres, est plus ou moins teinté de speed metal et de metal progressif.
Je m’octroyai ensuite une brève pause au bar V.I.P., avant de me faufiler dans le pit photo de la Dave Mustage où jouait Airbourne, histoire de prendre une grosse dose de hard rock australien. Comme à l’accoutumée, la joyeuse bande de musiciens, énergiquement menée par un Joel O’ Keffe toujours aussi survolté, déclencha l’arrivée sur les crash-barrières de hordes de slammeurs ! Un excellent moment, mais comment aurait-il pu en être autrement avec eux ? C’est donc à peine remis de cet électrochoc que je filais ensuite couvrir Nervosa (en remplacement de Vader qui déclara forfait). Le quatuor féminin, initialement brésilien avant divers changements de line-up, nous abreuva massivement de son thrash metal lourd, énergique et généreux.
L’accès au pit photo du concert de Judas Priest, étant sur « short list » dont je n’eus pas la chance de faire partie, je m’orientai vers le concert de Coltaine, que je ne connaissais absolument pas. Le black atmosphérique saupoudré de touches folk des allemands attira tout de même quelques centaines de spectateurs, la grande majorité d’entre eux étant massés devant le show des monstres sacrés précités du heavy metal britannique que, tout juste sorti du pit photo, je m’empressai de rejoindre afin de communier avec eux. C’est un fait, le « front man » Rob Halford, qui fête ses cinquante années de scène avec le groupe, n’a plus rien à prouver. Il se fait plaisir. Nous assistâmes donc à un énorme show de 90 minutes. J’en redemande !
C’est donc des étoiles dans les yeux que je me rendis ensuite devant les franciliens de Shaârghot. J’ai toujours plaisir à couvrir la bande fort sympathique des joyeux drilles menés par Etienne, au chant. Je m’accordai toutefois qu’un titre dans le pit photo, avant de me ruer aussi vite que possible devant Sacred Reich, que j’ai toujours plaisir à couvrir. Nul doute que les américains, chantres du thrash metal, sont toujours aussi percutants et pertinents après quatre décennies d’existence : à croire qu’ils tournent en triphasé ! Excellent !
Je terminai en beauté cette belle édition du Motocultor avec Arch Enemy, que je n’avais pas eu l’opportunité de photographier à nouveau depuis le départ d’Alissa White-Gluz, remplacée par la quadragénaire Lauren Hart (ex-chanteuse et guitariste rythmique du groupe américain Once Human), qui fit une entrée en scène marquée, bien décidée à montrer qu’elle était digne de ces prédécesseurs. Et ce fut clairement le cas ! Très énergique, elle mena le groupe avec brio, les musiciens n’étant pas en reste. Le public, réactif, gigotait et s’égosillait dans tous les sens, dans une amicale frénésie collective. Un magnifique set final en clôture du Motocultor 2026.
Pascal Druel
Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière, amoureux d’images et photographe au quotidien, j’explore depuis plus de 30 ans la photographie sous diverses formes (prise de vue, développement et tirage argentique, contrôle qualité, repique, traitement et retouche numérique, graphiste, prise de vue, formateur, photographe indépendant). En outre, je collabore occasionnellement avec Chasseur d’Images (magazine pour lequel j’ai été rédacteur pendant une douzaine d’années), signe des ouvrages (publiés aux Editions Eyrolles), réalise de multiples prestations photographiques (books, reportages, mariages) et couvre en images de nombreux festivals et concerts (150 à 200 scènes par an).