J’ai abordé ce dernier jour de Hellfest sous les meilleurs auspices : concerts variés en prévision, ciel clément et radieux. Selon mon aspiration du moment, j’ai consacré mes premières heures sur le site à la photographie d’image d’ambiance, avant de porter mon attention sur les scènes, histoire de varier les plaisirs…
Après avoir déambulé une bonne partie de la journée, appareil photo en main, entre le Hell City et le Metal Corner, j’entre enfin sur le site du Hellfest par l’espace V.I.P. que je traverse rapidement, non sans avoir au préalable échangé quelques mots avec des amis et autres collègues photographes. Je me glisse ensuite dans le pit photo de l’Altar (l’une de mes scènes fétiches avec la Temple), en couverture du concert de Gutalax, groupe tchèque de grindcore dont le nom, inspiré de celui du laxatif éponyme, laisse supposer que l’ambiance sera à l’autodérision. Ce fut assurément le cas ! Dès leur arrivée sur scène, nos joyeux drilles, vêtus de combinaisons blanches, lancent sur le public des balayettes de toilette imprégnée d’un colorant brun douteux, accompagnées de ballons en forme d’étrons géants. La suite ne fut que pur délire et franche rigolade entre musiciens et festivaliers. Une entrée en matière qui met de suite de bonne humeur. Si les choses continuent ainsi, la journée devrait être intense !
Je change ensuite radicalement d’ambiance en couvrant le concert des copains de Shaârghot qui, comme à l’accoutumée, s’avéra excellent. Cela fait une petite quinzaine d’années que ces parisiens, grimés en noir, écument les planches en apôtres du metal indus. Au fil des ans, le sextet s’est ainsi forgé une solide réputation de groupe de scène, chacun de ces concerts étant toujours riche d’échanges avec le public. C’est donc gonflé à bloc que je continue mon périple devant Fleshgod Apocalypse, où j’ai pris ma première claque musicale de la journée. Le groupe italien nous gratifia d’un excellent concert de death metal, au cours duquel la chanteuse Veronica Bordacchini s’illustra via une prestation vocale de très haute volée : remarquable !
Décidé à prendre un peu l’air, je me dirige ensuite vers les Mainstages de couvrir le set de Refused, quatuor suédois de punk-rock et de punk-hardcore, dont le chanteur Dennis Lyxzén, survolté, ne cesse de projeter son micro dans tous les sens dès qu’il ne chante pas. Le public, massivement présent, s’électrise devant ce débordement d’énergie. Ainsi, même si le groupe officie dans un registre musical auquel je suis généralement assez peu sensible, je concède qu’il donne tout sur scène, et c’est bien là l’essentiel. Je poursuis avec Unleashed, autre formation suédoise, plutôt spécialisée dans le death metal et le viking metal : bon gros son, riffs incisifs et musiciens possédés par leur compositions furent au programme, pour mon plus grand plaisir.
Je change ensuite d’ambiance dans le pit de la Warzone, couvrant alors Walls Of Jericho. Ces américains originaires de Détroit, et plus particulièrement la chanteuse Candace Kucsulain, nous offrent une débauche d’énergie pour un concert absolument énorme ! Je n’avais encore jamais eu l’occasion de les voir sur scène, et j’ai pris une belle baffe, même si j’avais eu écho de leur excellence scénique. Je conclus ensuite ce Hellfest par le set d’Eisbrecher, m’offrant ainsi une dose d’indus metal allemand de très bon aloi, bien orchestré par le chanteur Alexx Wesselsky. Je passe ensuite mes derniers instants sur le site à l’espace V.I.P. afin d’y saluer quelques confrères et amis, avant de me diriger vers la sortie.
Chaque Hellfest est un événement énorme auquel je suis toujours heureux de participer, et ce millésime 2025 ne déroge aucunement à la règle. L’ambiance y est toujours au beau fixe, et les équipes (bénévoles, espace presse et sécurité) connaissent leur travail et le font avec le sourire. C’est donc les yeux pleins d’étoiles que je quitte le site de Clisson, arpenté de long en large durant ces quatre jours que je n’ai pas vu passer. Fort heureusement, les souvenirs et les images restent !
Pascal Druel
Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière, amoureux d’images et photographe au quotidien, j’explore depuis plus de 30 ans la photographie sous diverses formes (prise de vue, développement et tirage argentique, contrôle qualité, repique, traitement et retouche numérique, graphiste, prise de vue, formateur, photographe indépendant). En outre, je collabore occasionnellement avec Chasseur d’Images (magazine pour lequel j’ai été rédacteur pendant une douzaine d’années), signe des ouvrages (publiés aux Editions Eyrolles), réalise de multiples prestations photographiques (books, reportages, mariages) et couvre en images de nombreux festivals et concerts (150 à 200 scènes par an).