La trente-cinquième édition du Festival de Vouziers s’est tenue dans la salle des fêtes de la commune éponyme le premier novembre 2025, au cœur du département des Ardennes. Huit groupes emblématiques de la scène metal française s’y produisirent, pour le plus grand bonheur des festivaliers qui répondirent en masse à l’appel.
Le Festival de Vouziers fait partie des événements à taille humaine qui bénéficient d’une excellente aura bien méritée, du fait de la qualité de l’accueil accordé par ses organisateurs mais aussi de son affiche originale qui, le plus souvent, met à l’honneur les groupes « old school » français. Au fil des ans, William et son équipe ont ainsi su fidélisé un public fort sensible à leur engagement passionné. L’édition 2025 fut sans doute l’une des plus belles de toutes et le public ne s’y est pas trompé : plus de 400 personnes se sont déplacées pour vivre l’événement, provenant essentiellement des diverses régions de France, mais aussi d’autres pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Suisse, Luxembourg, Hongrie, Italie, Norvège, Irlande, Suède, Finlande et… Mexique).
C’est à Holster que revint l’honneur d’ouvrir le bal par une belle vague « hard rock » qui, d’emblée, toucha le public qui s’agglutina rapidement devant la scène. H-Bomb (tribute band), désormais constitué de Bernard-Yves Quéruel (chant), Alain Clément (guitare), François Porte (guitare), Le Gorg (basse) et Fabien Cortana (batterie), le groupe original de heavy metal n’ayant existé que de 1982 à 1986, prit le relais, dans un concert débordant de franche camaraderie avec les festivaliers.
Quant aux basques de Killers, forts de leurs quarante ans d’existence, ils mirent l’accent sur leurs anciens titres, dont leur iconique « Fils de la haine », mais aussi « L’assassin » et « Rosalind », dont les paroles furent reprises en chœur par de nombreux fans présents dans la salle. Je garde un très bon souvenir de cet excellent concert, qui fut à mes yeux l’un des meilleurs du groupe parmi ceux que j’ai vus. Après un rapide changement de plateau, ADX monta sur scène à son tour. De la formation originale du groupe de heavy metal né en 1981, il ne reste désormais que Philippe Grelaud (chant) et Didier Bouchard (batterie), respectivement surnommés Phil et Dog, les autres membres du groupe ayant rejoints assez tardivement la formation. Il en résulta un concert plutôt inégal, dans lequel les musiciens les plus récents dans le line-up avaient tendance à surjouer sur scène, altérant ainsi la sincérité du set.
Après une brève pause, je rejoins le devant de la scène pour couvrir le concert de Titan, le premier du groupe que j’ai suivi depuis le départ de son chanteur Patrice Le Calvez, remplacé par Peio Cachenaud. Force est d’admettre que Peio parvint sans peine à transmettre son énergie au groupe, affirmant ainsi sa personnalité sans chercher à copier son illustre prédécesseur, dans un set audacieux mêlant d’anciens titres aux nouveaux. Pari gagné ! Le festival se poursuivit avec le concert de Blasphème, fort des chanteurs Alexie Roy-Petit (Hurlement) et Olivier Del Valle (Face to Face). Ce fut un set intéressant, agréable sans être toutefois inoubliable.
J’ai ensuite fait l’impasse sur le passage de Nightmare, non par manque d’intérêt envers le groupe, bien au contraire, mais plutôt pour deux raisons : l’appel de l’estomac qui me poussa à faire une pause en compagnie des deux amis avec lesquels je suis venu, et le fait que j’ai couvert leur set quelques mois plus tôt au Festival 666. La soirée s’est ensuite achevée en apothéose, via le concert de Sortilège, qui fut remarquable sur tous les points. Pour ma part, c’était la première fois que je voyais le groupe jouer depuis la disparition de Bruno Ramos, remplacé par Michaël Zourita, qui avait officié au sein de Renaud Hantson et de Satan Jokers, et dont le jeu rappelle celui des « shredders » si chers aux années 80 (Yngwie Malmsteen, Steve Vai, Eddie Van Halen et autres guitaristes virtuoses).
Une fois de plus, le Festival de Vouziers fut donc une franche réussite. Il mérite amplement son succès. J’en profite pour remercier William et toute son équipe, tant pour leur investissement personnel dans l’événement que pour leur accueil toujours aussi chaleureux. Vivement la prochaine édition !
Pascal Druel
Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière, amoureux d’images et photographe au quotidien, j’explore depuis plus de 30 ans la photographie sous diverses formes (prise de vue, développement et tirage argentique, contrôle qualité, repique, traitement et retouche numérique, graphiste, prise de vue, formateur, photographe indépendant). En outre, je collabore occasionnellement avec Chasseur d’Images (magazine pour lequel j’ai été rédacteur pendant une douzaine d’années), signe des ouvrages (publiés aux Editions Eyrolles), réalise de multiples prestations photographiques (books, reportages, mariages) et couvre en images de nombreux festivals et concerts (150 à 200 scènes par an).