Je poursuivis mes pérégrinations musicales au Motocultor avec la meilleure des motivations. Arrivé sur le site dès son ouverture, j’ai couvert treize concerts durant cette deuxième journée de festival. Retour en images…
Bien décidé à profiter pleinement de ce vendredi sous le couvert de la musique, je me jetai dans le pit photo aussitôt arrivé sur place, devant le concert de Ice Sealed Eyes qui se déroula sur la Dave Mustage. Malheureusement, le metalcore de ces musiciens belges me laissa de marbre, même si je dois admettre que leurs compositions s’avérèrent variées. C’est surtout le son, trop froid à mon goût qui fit que je ne parvins pas à entrer dans leur univers. Je couvris ensuite Guineapig, dont les titres énergiques, écrits dans un registre goregrind et servis par un son gras et puissant, me mirent en appétit pour la suite.
Je filai ensuite sous le chapiteau de la Massey Ferguscène pour y couvrir Gravity, que j’ai découvert sur scène il y a quelques années, lors d’une des éditions du Nantes Metal Fest, et dont j’avais gardé un souvenir intense. Aucun doute, les montpelliérains, fervents serviteurs du metalcore, ont conservé toute leur énergie et leur fougue, déclenchant ainsi parmi les festivaliers de nombreux circle pits et autres wall of death. Pari gagné donc ! Tout juste sorti du pit photo, je me rendis aussitôt devant la Dave Mustage afin d’y couvrir le concert de Cage Fight, dont je ne connaissais jusqu’ici que le nom. Quelle claque ! Ce fut l’un de mes meilleurs moments de la journée. Le groupe britannique, porté par sa chanteuse française Rachel Aspe, au demeurant fort sympathique, irradia la foule déjà surchauffée par l’atmosphère ambiante chaude et poussiéreuse, grâce à son metalcore intense, servi par le jeu de scène très graphique de sa « front woman ». Seul bémol, le son de la batterie était vraiment trop mauvais pour apprécier pleinement les compositions. Une vraie belle découverte, motivante pour la suite !
C’est donc fort motivé que je poursuivis mon pélerinage musical par le set de Skaphos, histoire de prendre une bonne dose de death metal, domaine dans lequel ces lyonnais grimés officient avec une aisance réelle, nous offrant des riffs aiguisés comme des rasoirs qui firent mouche. Hop ! Un bon concert de plus ! Je changeai ensuite de registre avec Hellripper, formation écossaise qui mixe les mouvances, allant du black metal au speed metal en y ajoutant une pointe de thrash. Le public ne s’y trompa pas ! Fort réceptif à cette mixité musicale précise et savamment déclinée, il multiplia les circle pits et autres réjouissances.
Dans un tout autre domaine, je couvris ensuite le set néo-folk/nu nordic des français de Hrafngrimr (à prononcer « Raven Grimeur »), m’offrant ainsi, le temps d’un concert, un voyage spatio-temporel en Scandinavie médiévale. La chanteuse Mattjö Haussy (ex-Skàld), fondatrice du groupe avec Voron et Mostefa Elkamaln, déclame ses textes dans une ancienne langue nordique. Je quittai ensuite la Bruce Dickinscène pour me jeter sous la Massey Ferguscène, devant le concert de Textures, formation néerlandaise de metal progressif, saupoudré d’une pincée de metalcore. J’en ai gardé un souvenir mitigé : les titres, bien construits, ont été desservis par une sonorisation déséquilibrée, dans laquelle la basse étouffait tous les autres instruments. Dommage !
Toujours bien motivé, j’ai continué ma moisson d’images et de musiques par le concert de Lord Of The Lost, donné sur la Dave Mustage. Fidèle à sa réputation de groupe de scène, le sextet allemand de metal industriel et gothique nous offrit une prestation de qualité. Les musiciens s’exposaient sur le devant de la scène tandis que le chanteur Chris Harms l’arpentait en long et en large, ajoutant une touche graphique à cet excellent set rondement mené. Sans prendre le temps de me remettre de mes émotions, je poursuivis avec Unleashed, groupe suédois de death metal, avec lequel nous partageâmes un magnifique moment. Fort d’un répertoire musical fort de quinze albums studio, le quatuor alterna les titres extraits de son dernier opus Fire Upon Your Lands, sorti en 2025, et les morceaux plus anciens : que du bonheur !
Surprise du jour : j’ai eu la chance de faire partie des photographes retenus pour suivre le concert de Mass Hysteria (dont l’accès au pit était fort curieusement sur « short list »). Je n’ai donc pas boudé mon plaisir, même si j’avoue que les concerts du groupe sont désormais sans surprise, tant il est vrai que, comme la plupart de mes confrères, je les ai couverts un nombre incalculable de fois. Fort heureusement Mouss nous a épargné ses discours dithyrambiques dont il a le secret. Au final, je garde un bon souvenir de ce moment passé dans le pit photo. La fin de journée fut une course pour couvrir deux groupes qui partageaient le même créneau horaire. Je fis donc un titre devant Paradise Lost, dont j’ai toujours apprécié le registre musical mixant death metal, doom metal et metal gothique. Malheureusement, leur concert fut desservi par des éclairages blafards. Je parvins ensuite dans le pit photo d’Emperor, alors que les norvégiens, apôtres du black metal, entamaient leur troisième titre. J’eus donc juste le temps de faire quelques images de leur concert par ailleurs très mal éclairé et bien trop enfumé. J’ai tout de même réussi à profiter de ce moment bien trop bref à mon goût.
Je clôturai cette journée bien rempli par le set deathcore des russes de Slaughter To Prevail qui, au-delà des polémiques qui affectent le chanteur Alex Shikolai, ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Il fut ensuite temps de prendre un peu de repos, afin d’être en forme pour couvrir les deux dernières journées de ce Motocultor.
Pascal Druel
Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière, amoureux d’images et photographe au quotidien, j’explore depuis plus de 30 ans la photographie sous diverses formes (prise de vue, développement et tirage argentique, contrôle qualité, repique, traitement et retouche numérique, graphiste, prise de vue, formateur, photographe indépendant). En outre, je collabore occasionnellement avec Chasseur d’Images (magazine pour lequel j’ai été rédacteur pendant une douzaine d’années), signe des ouvrages (publiés aux Editions Eyrolles), réalise de multiples prestations photographiques (books, reportages, mariages) et couvre en images de nombreux festivals et concerts (150 à 200 scènes par an).