J’ai abordé cette troisième journée du Motocultor comme les deux précédentes, sous une chaleur et sous un soleil bien présents. Tout comme lors des éditions précédentes, ce samedi affichait une excellente programmation. Témoignage…
J’arrivai sur le site du Motocultor quelques instants avant le début du concert d’Aorlhac. Les auvergnats, entrés en scène après un sample d’introduction, assénèrent d’emblée leur black metal aussi mélodique qu’incisif. Il aurait sans doute été préférable qu’ils jouent à une heure plus avancée, dans des conditions de lumière plus propices à leur univers musical très sombre. Je n’ai toutefois pas boudé mon plaisir, et j’ai profité pleinement du set, avant de m’engager ensuite dans le pit photo pour couvrir Ashen, autre groupe français qui a le vent en poupe. Son metalcore teinté de neo-metal plut à la foule qui se mit aussitôt en mouvement. De mon côté, j’avoue être totalement insensible à leur univers musical, malgré la bonne volonté de Clément Richard, au chant, qui s’égosille à haranguer le public.
Changeant de registre, j’ai continué ma récolte d’images avec Rectal Smegma. Goregrind oblige, il me fallut anesthésier mon cerveau pour profiter pleinement du set délirant, les néerlandais se montrèrent en effet très en forme, notamment le chanteur Yannic qui multiplia les échanges avec le public. Tout juste sorti du pit, je me ruai alors devant le concert de Bruit, qui jouait sur le même créneau horaire, sous la tente de la Bruce Dickinscène. Le quatuor français distille un post-rock intéressant, fusionnant les genres musicaux par des touches de musique classique et d’ambiance électronique. Intéressant, même si je ne fus toutefois pas pleinement convaincu, étant vite lassé par les groupes instrumentaux.
Je continuai ma journée par le set de Sidilarsen, qui jouait sur la Dave Mustage, dont la prestation, bien que bonne, me toucha peu. Sans transition, j’enchaînai avec Cancer, histoire de me réveiller un peu avec une bonne dose de death metal old school à la sauce britannique ! Je vécus un excellent moment qui me revigora pour la journée. La suite, toute aussi motivante, se concrétisa par le concert d’Orden Ogan, tout simplement magistral ! Fort de leur power metal fédérateur, les allemands, sous la direction du chanteur Sebastian Levermann, mirent tout le monde d’accord. Les musiciens affichèrent tous des sourires et des regard brillant d’émotions, en témoignage de leur plaisir d’être sur scène.
Retour ensuite au death metal en la présence des suédois de Grave, que j’eus le plaisir de découvrir sur scène, et dont je garde en mémoire un moment fort sympathique bien qu’un peu trop bref, ayant du écourter mon séjour dans le pit photo pour courir à l’autre bout du site, afin de couvrir Mùr, jeune groupe islandais de death metal progressif (à ne pas confondre avec Mur, sextet français de black metal avant-gardiste). Ce fut l’une de bonnes découvertes de la journée.
Sans même m’accorder une pause, j’enchaînai avec le concert de Leprous, que je vis enfin pour la première fois en pleine lumière (jusqu’ici, je n’avais couvert le groupe que sous des chapiteaux mal éclairés). Les norvégiens distillèrent avec virtuosité leur metal progressif, catalysé par la voix si particulière d’Einar Solberg. Autre scène, autre ambiance via le set d’Anaal Nathrakh qui, sans surprise, nous submergea sous son black metal cyclonique que j’apprécie toujours autant. Une fois de plus, je dus toutefois écourter mon séjour dans le pit photo pour me ruer sous le chapiteau de la Massey Ferguscène où jouait Slift, emportant leur public dans une atmosphère psychédélique cosmique apaisante.
La fatigue commençant à se manifester en cette fin de troisième jour, je m’octroyai alors une brève pause à l’espace presse avant d’aller couvrir le concert d’Eisbrecher. Les allemands, guidés par leur charismatique chanteur Alexx Wesselsky martelèrent avec maestria leur metal industriel orienté dance metal (Neue Deutsche Härte en allemand). J’avais déjà noté le graphique jeu scénique du groupe au Hellfest, et je tenais donc à les voir à nouveau : plaisir confirmé ! Autre belle découverte de la journée : Nevermore, dont le registre très éclectique, mêlant metal progressif, thrash metal, heavy metal et power metal, servi par la voix remarquable de Berzan Önen, me fit forte impression. Un moment magique !
Je conclus en apothéose cette belle journée de festival par l’énorme show de Within Temptation, au cours duquel Sharon Den Adel se montra magistrale, affichant un réel plaisir d’être sur scène. C’est donc fourbu mais heureux que je quittai le site de Kerampuilh, soucieux de prendre un peu de repos afin d’aborder sous les meilleurs auspices le lendemain, dimanche et dernière journée du Motocultor.
Pascal Druel
Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière, amoureux d’images et photographe au quotidien, j’explore depuis plus de 30 ans la photographie sous diverses formes (prise de vue, développement et tirage argentique, contrôle qualité, repique, traitement et retouche numérique, graphiste, prise de vue, formateur, photographe indépendant). En outre, je collabore occasionnellement avec Chasseur d’Images (magazine pour lequel j’ai été rédacteur pendant une douzaine d’années), signe des ouvrages (publiés aux Editions Eyrolles), réalise de multiples prestations photographiques (books, reportages, mariages) et couvre en images de nombreux festivals et concerts (150 à 200 scènes par an).